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Editis réorganise son pôle poche

La directrice générale du groupe, Michèle Benbunan, a annoncé une recomposition du pôle ainsi que des changements de gouvernance. Marie-Christine Conchon, présidente de l’entité Univers Poche, quitte le groupe.

Les grandes manœuvres commencent-elles chez Editis (Plon, Robert Laffont, Le Cherche midi, Bordas ou Nathan) ? Ce vendredi matin à 11h, les salariés du numéro deux de l’édition en France ont été convoqués par la directrice générale du groupe, Michèle Benbunan. Dans l’auditorium situé en plein cœur du 13ème arrondissement de la capitale, elle a annoncé une recomposition de la puissante division Univers Poche, qui regroupait jusqu’à présent six maisons d’édition : Fleuve Éditions (grand format), Pocket, 10/18 et PKJ (poche), Kurokawa (manga) et 12/21 (livres numériques).

Le manga et la bande dessinée, en très forte croissance dans l’Hexagone notamment grâce au pass culture pour les jeunes, rejoignent ainsi le pôle illustré d’Editis, nommé Edi8. De son côté, Fleuve Éditions rejoint les autres maisons du pôle littérature générale. Lors de la réunion ce matin, Michèle Benbunan a évoqué la «volonté stratégique du groupe de pousser et rationaliser des activités performantes du secteur de l’édition».

La DG d’Editis a également officialisé le départ de Marie-Christine Conchon, PDG de l’entité Univers Poche depuis onze ans. Carine Fannius devient alors directrice générale des activités poche, qui regroupent désormais Pocket, PKJ, 10/18, et 12/21.

De son côté, Florian Lafani devient directeur général de la maison Fleuve Éditions. Ils seront tout deux sous la direction de Jean Spiri, secrétaire général du groupe et responsable de la littérature générale. Enfin, Grégoire Hellot devient directeur de la maison d’édition de manga Kurokawa, sous la responsabilité de Vincent Barbare, président d’Edi8.

L’horizon d’une fusion avec Hachette
Ces nombreux changements interviennent deux mois après l’annonce de l’OPA de Vivendi (Editis, Canal+, Havas, Gameloft) sur le groupe Lagardère. À travers cette opération, Vincent Bolloré compte avaler sa branche d’édition Hachette Livres (2,4 milliards de chiffres d’affaires en 2020), leader français du secteur et numéro trois mondial. D’une possible fusion naîtrait un nouveau géant de l’édition, aussi puissant sur le plan éditorial qu’au niveau de la distribution.

Une perspective qui n’enchante pas un grand nombre d’acteurs du secteur, dont Antoine Gallimard, PDG du groupe Madrigall. «Cette acquisition ne me semble pas possible, à la fois pour le respect des règles de la concurrence et pour éviter un abus de position dominante», déclarait-il encore le 15 novembre sur BFM Business.

Dans le viseur des régulateurs
Pour Vivendi, c’est l’opportunité rêvée de récupérer les activités internationales d’Hachette. Alors que sa filiale Editis, numéro deux de l’édition dans l’Hexagone (725 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020), est centrée sur la France. Le chiffre d’affaires cumulé d’Hachette et d’Editis représente environ la moitié des revenus du secteur de l’édition tricolore.

L’opération devra être validée par les régulateurs à Bruxelles. Pour satisfaire les exigences des autorités de la concurrence, Vivendi devrait remodeler son portefeuille en se délestant d’actifs éditoriaux.

Généralement, les régulateurs autorisent la création d’un nouvel ensemble entre rivaux, lorsque leur part de marché cumulée n’excède pas les 50%. Or, dans la littérature de poche en France, elle atteint 54%, rappelle l’économiste des médias Françoise Benhamou. Elle est de l’ordre de 70% dans le parascolaire, 60% dans les dictionnaires, 50% pour les ouvrages sur le tourisme et 35% pour les manuels scolaires.

Le segment de la distribution sera également scruté par les régulateurs. Car Editis, avec Interforum, et Hachette Livre avec Hachette Distribution, pèse là encore pratiquement 50% du marché.